Handball : Pourquoi les «Lionnes» flambent pendant que les «Lions» flanchent…

Des filles qui jouent les premiers rôles en Afrique et des garçons qui peinent à s’y faire une place au soleil ! Telle est la réalité à double visage du handball sénégalais à l’échelle des équipes nationales. Un «décalage» reconnu de tous et décrié par certains et aux explications diverses ; mais que tout le monde dit s’accorder à vouloir rectifier.

Onzièmes Jeux africains à Brazzaville en septembre 2015. Les handballeurs du coach Djibril Diagne se font éliminer d’entrée par… la Libye lors d’une double confrontation dans un groupe A réduit à deux équipes suite au forfait du Cameroun (28 – 24 puis 20 – 16) avant de s’incliner de nouveau en quarts de finale face au Nigeria (18 – 29). Pendant ce temps, les handballeuses de l’entraîneur Cheikh T. Seck se hissaient en demi-finales et décrochaient même la médaille de bronze au détriment du Nigeria !Mars 2019, à Conakry, dans un tournoi à deux équipes qualificatif aux Jeux africains de septembre de la même année à Rabat au Maroc. Les filles entraînées par le Français Frédéric Bougeant s’imposent deux fois face à la Guinée, là où les garçons toujours conduits par Djibril Diagne n’obtiennent qu’un nul et une défaite face à leurs adversaires guinéens.
Ces deux rappels suffisent à expliquer l’écart de niveaux – ou en tout cas de performances – entre les équipes nationales masculine et féminine de handball du Sénégal. D’autant que, quelques mois plus tôt, en décembre 2018 à Brazzaville, les filles de Fred Bougeant avaient décroché la place de vice-championnes d’Afrique, derrière l’Angola (défaite 14 – 19 en finale), lors de la Coupe d’Afrique des Nations de hand féminin. Pendant que les garçons, pourtant 5ème aux championnats d’Afrique de Rabat en 2012, semblent être entrés dans les rangs et n’avaient même pas été de la Can 2020 en Tunisie. Pour combien de temps ? «Il nous faut nécessairement repenser notre politique de handball masculin. Cela passera d’abord par la formation des jeunes avec l’installation d’un centre national d’entraînement masculin identique à celui dédié aux filles», a répondu le Président de la Fédération sénégalaise de handball (Fshb), l’honorable député Seydou Diouf qui s’entretenait il y a quelques semaines avec les journalistes sportifs sénégalais. «Le projet féminin a pris un petit peu d’avance parce qu’il avait bénéficié de moyens de la Fshb et du ministère des Sports», confirme le Français Frédéric Bougeant, sélectionneur national des filles. Selon lui, «la deuxième phase était d’essayer, à l’identique, de mettre en place les même recettes pour les garçons avec le développement d’un centre national en partenariat avec un club de L1 en France». Mais la pandémie de la Covid-19 a tout remis en cause. Ce qui lui fait dire qu’il y a «un décalage de temps mais pas décalage de volonté sur ce souhait de voir les garçons avoir très vite des résultats sur le continent africain».
Créer une dynamique positive
En attendant, les garçons peinent terriblement à remonter la pente. Et s’il soutient comprendre «le choix du président de la Fshb de mettre l’accent sur les filles qui, du reste, méritent largement ce soutien puisqu’ayant plus de chances de remporter la Can», Djibril Diagne, le sélectionneur national des garçons n’en estime pas moins qu’il faut «un minimum d’investissement pour créer une dynamique positive» chez ces derniers.

En fait, ce qui fait la force de l’équipe nationale féminine de handball, c’est qu’elle est presque exclusivement composée d’expatriées. Et d’après le président Seydou Diouf, il fallait en passer par là pour exister en Afrique. D’ailleurs, soutenait-il lors de ce face-à-face virtuel avec la presse sénégalaise, «notre pays n’est pas le seul à s’inscrire dans cette dynamique. Aujourd’hui, en dehors de l’Angola, tous les pays africains ont plusieurs expatriés dans leurs équipes nationales masculines ou féminines». Et, ajoute-t-il, «le handball n’est pas l’exception sénégalaise» puisque d’autres disciplines collectives comme le football et le basket évoluent avec de forts contingents d’expatriés. D’après l’honorable député Seydou Diouf, «le handball était resté très longtemps en rase campagne» et puisqu’«il n’y avait plus d’équipes solides et qu’on ne jouait plus les compétitions africaines et internationales», il a fait un choix. «Nous avons pris l’option, depuis 2010, de faire émerger une génération capable de tenir tête aux grandes nations africaines de la section féminine», dit-il. Mieux encore, selon le président de la Fshb, «nous travaillons aussi dans le sens de professionnaliser la sélection féminine en recrutant des entraîneurs professionnels». Ainsi, après Souleymane Diallo et Cheikh T. Seck, Fred Bougeant a été engagé pour tirer le maximum des handballeuses sénégalaises éparpillées à travers le monde. «Il y avait urgence à redynamiser l’équipe, à faire des résultats en Afrique et à avoir une vitrine du handball au plan national pour pouvoir légitimer les moyens que nous avons demandés à l’État», plaide le président Seydou Diouf.
Surtout que, renchérit-il, chez les filles il y avait quelque chose à prendre chez les féminines, vu que l’Angola avait fait le vide autour d’elle, puisque les équipes tunisienne et congolaise étaient vieillissantes et que seul le Cameroun faisait de la résistance. Pour cela, il fallait trouver des athlètes de haut niveau qui ne se recrutaient cependant pas dans le circuit national.

Potentiel
Djibril Diagne, le coach des garçons, pense de son côté qu’une telle politique aurait aussi pu être menée au profit de l’équipe nationale masculine. «Parce qu’on a ce qu’il faut en France et dans d’autres pays (Belgique, Espagne, Allemagne, Portugal) pour bien exister en Afrique», soutient-il. Pourtant Seydou Diouf réplique qu’à son arrivée à la tête de la fédération, son équipe et lui avait misé sur les hommes avec une génération composée majoritairement d’expatriés et quelques joueurs locaux. «Nous avions exploités nos potentiels basés en France. C’est ce qui a fait qu’en 2012, nous avions terminé 5e à la Coupe d’Afrique des nations à Rabat. On a chuté en 2014 et les filles ont grimpé et depuis lors on a du mal avec les garçons qui ont régressé». Ce qui, selon lui, s’est traduit par une piètre prestation aux Jeux africains de Brazzaville en 2015 et un raté en Guinée au tournoi qualificatif aux Jeux africains de 2019 à Rabat. Des arguments qui ne démontent pas le sélectionneur national des garçons. Djibril Diagne qui soutient ne pas chercher d’excuses. «Que l’on me donne juste les moyens de faire correctement mon boulot. Après, on pourra me demander les résultats que l’on veut. Car, j’ai les joueurs pour réussir de belles choses!»

SEYDOU DIOUF, PRÉSIDENT DE LA FSHB  : «Aux joueuses locales de se battre pour trouver leur place»

«On ne peut demander des moyens à l’État pour juste sélectionner des joueuses locales et aller se faire laminer et éliminer après deux matches de groupe». Seydou Diouf, le Président de la Fédération sénégalaise de handball (Fshb), n’est pas prêt à renier son option de miser essentiellement sur des expatriées pour maintenir durablement la petite sphère sénégalaise parmi les ténors en Afrique. Mais les portes de la tanière féminine de hand n’en est pas pour autant fermée pour les pratiquantes locales. «C’est à elles de se battre pour trouver une place» dans le saint des saints, a-t-il soutenu lors d’un face-à-face virtuel avec la presse sportive sénégalaise il y a quelques semaines. La preuve, selon lui, deux joueuses locales, Khady Seck et Ndiolé Sène, avaient été présélectionnées lors de la préparation des championnats du monde de 2019. Et ce n’était pas juste pour la forme, mais «grâce leur potentiel et à leur avenir prometteur». D’après le député et président de la Fshb, sa structure mise beaucoup sur la formation des jeunes filles. La preuve par la mise en place du centre national d’entraînement de Thiès. Selon Seydou Diouf, une trentaine de jeunes pratiquantes y étaient régulièrement regroupées pour préparer une nouvelle génération pour les Jeux olympiques de la jeunesse initialement prévus en 2022 et la Coupe d’Afrique des nations que le Sénégal va abriter. Selon lui, «les filles âgées de moins de 20 ans sont aussi qualifiées pour le Challenge Trophy Mondial et nous n’hésiterons pas à choisir parmi elles certaines pour les intégrer dans l’équipe nationale séniore».

FRÉDÉRIC BOUGEANT, ENTRAÎNEUR NATIONAL DES «LIONNES» : «On a envie d’aller aux JO»

Conscient que «le projet féminin a pris un petit peu d’avance» sur celui de l’équipe nationale masculine de handball, Frédéric Bougeant, l’entraîneur de l’équipe nationale féminine, ne compte pas pour autant «temporiser» pour se faire rattraper par les garçons. Son objectif, c’est plutôt de franchir un palier supérieur. Comme par exemple remporter le titre africain, pour son équipe qui est vice-championne continentale. «Il faut de l’expérience et continuer à travailler, essayer de corriger nos points faibles. C’est souvent plein de petits détails qui ne sont pas les plus simples à régler. Bien analyser ce qu’on fait bien et ce qu’on fait moins bien. À nous d’être capables de faire évoluer notre jeu», propose-t-il. Le technicien français est conscient que cela est aussi facile à dire que compliqué à réaliser sur le terrain. Qu’importe, «dès qu’on pourra retravailler ensemble, on va à nouveau se remettre en ordre de marche pour réaliser l’objectif de gagner à la prochaine Can au Cameroun». Autre palier, peut-être encore plus difficile à franchir, frapper un grand coup au tournoi de qualification olympique (Tqo) de mars prochain en Espagne. Fred Bougeant ne s’en cache pas : il y a une hiérarchie internationale établie depuis plusieurs années. «L’Espagne et la Suède sont les grands favoris, l’Argentine a beaucoup plus d’expérience que le Sénégal avec des participations aux championnats du monde tous les deux ans», reconnaît-il. «Ce n’est pas pour autant qu’il faudra se présenter en victimes. On a envie d’aller aux JO (de Tokyo en 2021), on a envie de créer la surprise», clame-t-il très clairement. À son avis, les «Lionnes» ont fait d’énorme progrès sur la dernière année et sont capables de battre n’importe quelle équipe sur un match. D’après Bougeant, «petit à petit, le Sénégal est en train de gagner le respect des équipes européennes et du contexte international». Il faudra juste, selon lui, que «ses» filles «continuent à surfer sur cette dynamique en jouant sur leurs caractéristiques spécifiques de manière à inverser les rapports de force qui aujourd’hui ne leur sont pas favorables».

DJIBRIL DIAGNE, SÉLECTIONNEUR DE L’ÉQUIPE NATIONALE MASCULINE : «Si le travail était fait comme il fallait, on n’en serait pas là aujourd’hui»

Arrivé à la tête de l’équipe nationale masculine de handball en janvier 2015 en remplacement du Français Franck Bulleux pour mettre en place une équipe en direction du tournoi de la Zone 2 de mars de la même année à Thiès, Djibril Diagne avait décroché la première place qualificative aux Jeux africains de Brazzaville. Mais, depuis, les choses vont moins bien pour lui et ses joueurs. Douze petits matches en 5 ans, voilà ce que les «Lions» de la Petite sphère ont eu à se mettre sous la dent. Bien loin des standards internationaux. Malgré tout, le technicien sénégalais établi à Sedan, en France, «continue de croire au renouveau du handball sénégalais». Dans cette interview, il fait l’état des lieux et explore les pistes d’un redécolla du hand masculin sénégalais.

Comment expliquez-vous que le handball masculin ne soit pas à la hauteur de celui féminin ?
Je n’aime pas trop faire de comparaison entre ces deux sélections, surtout que ce qui est vrai chez l’une ne l’est pas chez l’autre. Sinon, c’est un choix qui a été fait par la fédération. N’ayant pas les moyens d’investir sur les deux sélections en même temps, elle a misé sur les dames au départ, pour voir ensuite avec les hommes. Ce qui peut se comprendre, vu les bons résultats de la sélection féminine (la médaille de bronze aux Jeux africains de 2015 et la place de vice-championne d’Afrique en 2018). Cela n’aurait, cependant, pas dû empêcher d’accompagner plus sérieusement la sélection masculine sur des stages réguliers avec des expatriés et des joueurs locaux.

En 5 ans, qu’avez-vous fait concrètement pour remédier à cette situation ?
Pour rappel, j’ai été nommé en janvier 2015 pour remplacer Franck Bulleux et mettre une équipe en place pour le tournoi de la Zone 2 à Thiès en mars de la même année, avec comme objectif la première place qualificative pour les jeux africains de Brazzaville (septembre 2015), après notre qualification (trois matches, trois victoires), j’avais envoyé un programme de préparation en vue des jeux qui devait démarrer trois semaines après à raison de deux entraînements/semaine, un stage interne d’une quinzaine de jours à la mi-juillet et un dernier juste avant le départ en ma présence, malheureusement, ce programme n’a pas pu être réaliser et je ne saurais pas vous dire pourquoi.
Nous avons participé à ces jeux après une préparation catastrophique et je pense, en toute logique, qu’on ne pouvait pas espérer mieux que les trois matches perdus sur trois, deux en phase de poule contre la Libye qui a fait six mois de stage en Tunisie et en quart de finale contre le Nigéria.
Après s’en suivirent deux années blanches sans stages, ni matches amicaux encore moins officiels. Pour remédier à cette situation et essayer de relancer la sélection, j’ai organisé, en décembre 2017, un premier stage à Sedan avec l’accord du président Seydou Diouf, avec 12 joueurs expatriés de France et Moustapha Guèye venu passer des tests avec l’équipe de Serris en région parisienne. Après un deuxième stage, toujours avec l’accord du président, a été organisé en juin 2018 à Caudry, avec cette fois-ci, 18 joueurs expatriés. Nous avons joué quatre matches lors de ces deux rendez-vous avec comme résultats trois victoires et une défaite.

Et comme on était toujours dans un processus de reconstruction de la sélection masculine, et voulant donner la chance à tous, locaux comme expatriés, j’avais demandé à faire un troisième stage à Dakar. Ce que la fédération avait accepté. Elle m’avait même envoyé mon billet d’avion, sur une quinzaine de jours pour voir le niveau des joueurs que je n’avais pas revus depuis 2015. Toujours dans le but de mettre en place une sélection digne de ce nom, en passant par une qualification au tournoi de la Zone 2 qui était prévu au départ en juin 2019 au Cap-Vert, d’ailleurs tous nos expatriés auraient pu y participer si cette période avait été maintenue. Sauf que j’ai appris, en fin janvier 2019, que le tournoi allait se jouer en Guinée du 18 au 26 mars 2019. Ce qui nous laissait peu de temps pour mettre en place une présélection avec des joueurs locaux qui sortaient de quatre ou cinq mois de vacances sans aucune compétition. Nous avons ainsi commencé la préparation, quinze jours après, avec ces joueurs locaux à raison de deux, trois séances par semaine et un stage interne de dix jours avec un groupe renforcé par des expatriés de France et du Maroc avant de nous envoler pour la Guinée.

Et là, les choses ne s’étaient pas passées comme souhaitées…
Nous avons, en effet, perdu le premier match contre la Guinée (21/18) sans nos expatriés de France ; car la veille au soir, le secrétaire général de la fédération m’a appris que pour que ces derniers puissent jouer, il leur fallait fournir leur acte de naissance et celui d’un des parents sénégalais. Ce qui devait être, d’après lui, une simple vérification de leur filiation. Mais trois quarts d’heure avant le coup d’envoi du premier match, pendant que les joueurs étaient à l’échauffement, la déléguée de match m’a appris que nos expatriés ne pouvaient pas jouer parce qu’elle n’avait pas de nouvelles de l’Ihf (fédération internationale de handball) pour leur qualification. Ce qui n’est peut-être pas une excuse de la défaite mais y a contribué, mais cela montre notre manque d’organisation et de professionnalisme. Il y a eu une belle réaction au deuxième match, face au même adversaire, avec un nul alors qu’on devait gagner d’au moins quatre buts pour se qualifier.

Après, le Sénégal a été absent de la Can 2020 en Tunisie. Comment l’expliquez-vous ?
Il faut dire qu’après ce tournoi en Guinée, le président de la fédération avait dit aux joueurs que l’objectif c’était désormais cette Can en Tunisie. Surtout qu’on pouvait avoir tous nos expatriés de France, d’Espagne, du Maroc, d’Arabie Saoudite et les meilleurs locaux. Ce qui nous aurait permis, en toute objectivité, de nous fixer comme objectif l’une des cinq places qualificatives pour le mondial 2021, en Égypte. Pourtant, le président nous a, par la suite, servi l’argument selon lequel notre élimination au tournoi de la Zone 2 ne nous avait pas aidés alors qu’à mon avis, les deux compétitions n’ont aucun lien. La réelle raison, il n’y a donc que lui qui peut la donner. Ce qui est constant, c’est que cela a été une grosse déception pour nos garçons.

Qu’est-ce qui vous fait le plus mal dans tout ça ?
C’est de ne pas avoir eu les moyens et l’accompagnement nécessaire pour faire correctement le travail pour lequel j’ai été nommé sélectionneur à la tête de cette équipe.

Comment jugez-vous, dès lors, votre bilan à la tête de cette équipe ?
Mitigé ! Je suis partagé entre déception et regret, car vu la qualité des joueurs qu’on pouvait avoir si le travail était fait comme il devrait l’être, on n’en serait pas là aujourd’hui. Nous avons joué douze matches en cinq ans, huit officiels pour trois victoires, quatre défaites et un nul et quatre matches de préparation avec trois victoires et une défaite.

On sent poindre des regrets. Qu’auriez-vous pu mieux faire ?
Des regrets ? Oui j’en ai, mais pas pour avoir accepté ce poste ; plutôt pour ne pas avoir ce dont un sélectionneur devrait disposer pour mener à bien sa mission et ça ne sert pas à grand-chose d’en parler. Sinon qu’aurais-je pu mieux faire ? Je pense qu’il faut poser cette question à mes dirigeants de la fédération, car moi, je ne demandais qu’à être accompagné, qu’on me donne les moyens de travailler dans de bonnes conditions.

Est-il trop tard pour remonter la pente ?
Non, il n’est jamais trop tard pour bien faire. Avec ou sans moi, il y aura toujours de belles choses à réaliser avec la sélection masculine, vu la qualité des joueurs expatriés comme locaux qu’on peut avoir, à condition de travailler autrement.

L’équipe nationale masculine est-elle toujours attractive pour les expatriés ?
Oui elle l’est toujours et le sera encore pour longtemps, si l’on a plus de considération et de respect pour eux et leurs dirigeants. Je dis cela parce que leurs coéquipiers en clubs de ces joueurs partent à chaque trêve internationale avec les sélections de leur pays (stages ou compétitions), alors qu’eux restent sur place et me posent des questions auxquelles malheureusement je n’ai pas de réponses. Quand on a un joueur qui intéresse la sélection, la première chose que les dirigeants devraient faire, c’est de garder ce contact par quelque moyen que ce soit.
Comment se portent vos relations avec le président Seydou Diouf ?
Elles auraient pu être meilleures comme toutes bonnes relations entre un président de fédération et son sélectionneur. Je n’ai pas de problème personnel avec le président Seydou Diouf que je respecte pour tout ce qu’il a apporté au handball sénégalais, depuis qu’il est à la tête de la fédération. Par contre, si je ne l’appelle pas pour avoir des nouvelles concernant l’équipe nationale masculine, ou savoir que faire ou dire aux joueurs qui me posent certaines questions, lui ne m’appelle pas. Et c’est anormal et frustrant pour un sélectionneur qui veut mener à bien les tâches qui lui sont confiées. Sans rien attendre en retour. Je pense malgré tout que Seydou Diouf est un bon président, mais il doit s’entourer de bonnes personnes pour mener à bien sa mission de développement de notre handball.

Et la Dtn dans tout cela ? Qu’est-ce qu’elle fait ?
Si je ne me trompe pas, depuis la démission de Youga Dieng en 2015, nous sommes l’une des rares disciplines sans Direction technique nationale. Ce qui est compliqué, si l’on veut travailler dans de bonnes conditions. Et cela s’est ressenti sur le manque de formation et d’accompagnement de nos entraîneurs locaux et le manque de lien entre les différentes sélections. J’ai appris, avec beaucoup de soulagement, qu’un directeur technique national allait bientôt être nommé. Nous en avons besoin, surtout s’il dispose de tous les moyens dont il aura besoin pour faire son travail.

 

Le Soleil

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