Le Bmn recommande l’intégration du genre dans les activités

« Qu’il s’agisse du taux d’emploi, du taux de chômage ou du taux de sous-emploi, des déséquilibres sont notés entre les sexes, les régions, les zones urbaines et les zones rurales », relève l’étude menée par le Bureau de mise à niveau dans le cadre de son accompagnement du programme « Développer l’emploi au Sénégal » lancé par l’Union européenne en 2017 dans les de Ziguinchor, Sédhiou, Kolda, Louga, Saint-Louis, Podor, Tambacounda, Kédougou et Matam.

En effet, explique l’étude du Bmn, pour le taux d’emploi, « … en considérant toutes les tranches d’âge, les taux de participation au marché du travail des hommes dépassent de loin ceux des femmes. Si les hommes de 15 à 35 ans ont un taux de participation de 49%, chez les jeunes femmes, ce taux s’établit à 28% ». Au niveau national, l’étude révèle que 66,7% des travailleurs sont des hommes. Ces derniers « représentent la majeure partie des permanents avec 74,4%. En revanche, indique le rapport de synthèse de l’étude, la place des femmes est moins importante car, explique-t-il, elles représentent 33,3% des employés et constituent 25,6% des permanents et 27,7% des saisonniers.

Le rapport souligne également de fortes disparités concernant les propriétaires des entreprises, les chefs d’entreprises, la répartition selon la taille de l’unité économique. En effet, le document confie qu’au Sénégal, la majorité des entreprises individuelles est détenue par des hommes tandis que 31,3% appartiennent à des femmes.

A l’en croire, les chefs d’entreprise de sexe féminin sont plus présents dans les services d’hôtel, bars et restaurant où 72,8% des unités économiques du secteur appartiennent aux femmes. Aussi, note le rapport, elles sont actives dans les branches d’activité telles que le commerce (38,9%), et les services personnels divers (27,6%). Cependant, souligne-t-il, la gente féminine est moins représentée dans les activités des bâtiments et travaux publics où seules 1,9% des propriétaires du secteur sont des femmes.

Intégrer le genre dans les activités du programme « Développer l’emploi au Sénégal »

Pour lutter contre la migration irrégulière, la pauvreté et contribuer à un développement inclusif et durable, le Bmn, à travers son étude, signale qu’il faut nécessairement la prise en compte de la situation des femmes. Car, argue-t-il, on ne peut pas prétendre au développement et ignorer plus de la moitié des populations concernées.

C’est pourquoi, explique le Bmn, l’intégration du genre dans les activités du programme « Développer l’emploi au Sénégal », est une approche tout à fait pertinente. Et d’insister : « elle s’inscrit dans une dynamique pour plus d’égalité entre femmes et hommes en matière d’accès aux ressources financières et aux opportunités économiques contribuant à la croissance, à la cohésion sociale et développement durable ».  
Bassirou MBAYE

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