« La seconde vague de communication attendue »

Nous avons connu quelques jours de frisson caractérisés par la montée en puissance de la Covid-19 alors que la tendance baissière datait de quelques semaines déjà.

Une petite hausse qui a été stoppée hier par des chiffres assez optimistes. 14 cas seulement sur 722 tests, il semble bien que nous retournions à une descente pour atteindre zéro cas même si ça n’a jamais été le cas depuis l’apparition du premier cas.

En effet, ces derniers jours, nous avons, sur une moyenne de 1000 tests, eu, à chaque fois, une quarantaine de cas. Heureusement que cette tendance n’a duré que quelques jours.

Suffisant cependant pour que le Chef de l’Etat monte au créneau pour alerter sur le danger que pourrait constituer une seconde vague.

Pourtant, ce n’est pas à exclure. Car, ailleurs dans le monde, c’est bien le cas. Hors, le Sénégal n’est pas dans une tour d’ivoire. Avec l’arrivée du froid, il est possible que les cas augmentent pour nécessiter des mesures drastiques afin d’y faire face.

Or, comme le reconnaissent les autorités au plus niveau, notre économie ne tiendrait pas. Car, les entreprises, les ménages et l’Etat sénégalais ont été durement éprouvés et continuent à l’être.

Il ressort de tout cela que nous n’avons pas le droit de baisser les bras face à un danger qui peut-être de mort. Le relâchement observé à toutes les sphères de notre société fait frémir.

D’ailleurs, beaucoup de nos compatriotes, en parlant de la Covid-19, la conjuguent au passé. On en parle comme si c’était fini. Or, comme tout le monde le sait, le virus est là, bien présent. Et comme sa capacité de propagation est très importante parce que rapide, on n’est jamais à l’abri d’une seconde vague tant redoutée.

Ceci est d’autant plus vrai que tout dans notre mode de vie, notre système de transport, les cérémonies familiales, religieuses, etc. encourage plutôt la propagation du virus.

C’est cela que l’on a appelé le ‘’miracle africain’’ car, au niveau de l’OMS, on prédisait, non sans raison, des millions de morts dans notre continent.

Donc, l’heure ne doit surtout pas être au relâchement. Loin s’en faut. Ce qu’il nous faut, au Sénégal en tout cas, c’est le respect strict des mesures barrière et cela, à tous les niveaux.

Le masque en public doit impérativement rester obligatoire d’autant plus qu’il est devenu très disponible et très accessible. Et le lavage des mains au savon, le gel hydroalcoolique doivent être de mise dans les foyers, au niveau des lieux de rencontre comme les services, les restaurants, les écoles, les universités, etc.

Il faudrait bien que le nouveau Ministre de l’Intérieur veille personnellement et scrupuleusement à cela. Et les récalcitrants qui jouent à D’Artagnan avec le virus doivent être sanctionnés parce qu’étant des dangers publics.

En clair, le Sénégal doit s’inscrire dans une seconde vague communicationnelle avec comme auteur principal le Ministère de la Santé avant justement que l’irréparable ne se produise.

Au risque de seconde vague de contamination, nous devons opposer une seconde vague de communication, au sens large du mot. C’est le minimum que nous devons faire.

Si nous continuer à baisser les bras et à laisser faire des citoyens souvent insouciants parce qu’inconscients, il arrivera un moment où c’est l’Etat qui sera à genou, le pays en déliquescence avancée. Et à ce moment-là, les populations risquent de se rebeller contre l’Etat pour exiger des résultats.

Alors, il appartient aujourd’hui à ce même Etat de se ‘’rebeller’’ pour exiger le respect strict des mesures barrières avant d’en arriver au scénario catastrophe dont nous parlions.

Car, le relâchement observé est quasi-général et le vaccin n’est pas encore là même si l’on peut être optimiste à ce propos.

Mais, comme toujours, nous avons un sérieux problème avec le suivi-évaluation. Si nous sommes forts en conceptions et pouvons bel et bien faire des réalisations, nous pêchons sur la continuité et la durée.

En général, le sénégalais est un champion dans le relâchement….

* Assane Samb

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