Cheikh T. Dieye:  » La société sénégalaise est empêtrée dans des mutations trop rapides…. »

Le coordonnateur de la plateforme Avenir Senegaal Bi Ñu Begg, Cheikh Tidiane Dièye estime que la société sénégalaise est empêtrée dans des mutations trop rapides et souvent incontrôlées. Pour lui, les mécanismes traditionnels qui permettaient de vidanger les désarrois générés par l’existence sociale, les besoins et les problèmes de survie, sont quasiment inopérants ou détournés.

Les repères et cadres moraux…

“Les repères et cadres moraux qui jadis servaient à baliser les conduites individuelles et collectives ainsi que les modes de régulation de la vie sociale se sont brouillés. Les bases de la subtile dialectique entre individu et communauté sur laquelle reposait, dans les sociétés sénégalaises traditionnelles, l’éthique de vie commune, sont fortement remises en question”, déclare M. Dièye.

La sphère politique, administrative, sociale ou religieuse

D’après M. Dièye, dans une large mesure, cela est consécutif à l’échec de la quasi-totalité des autorités sénégalaises, qu’elles soient de la sphère politique, administrative, sociale ou religieuse dans la construction d’un idéal social aux normes collectivement partagées et d’un Homme sénégalais apte à le porter. Et il est admis que les citoyens n’ayant plus d’exemples pertinents fournis par les élites, ne disposant plus de croyances fortes sont enclins à mal agir, ou pire à ne plus agir.

Une propension des Sénégalais à désobéir aux normes

“Au niveau de l’espace civique, on note une propension des Sénégalais à désobéir aux normes, règles et lois officielles soit par absence de respect, par calcul ou par cynisme. La citoyenneté est affaiblie, l’esprit civique est inhibé. Une situation qui résulte d’une ignorance relative de ce qu’est un État, une Nation, une Patrie et de ce que l’on doit et peut attendre de chacune de ces entités. Cette ignorance s’explique en outre par le manque d’éducation ou de la « mauvaise éducation » (civique – morale) d’une proportion de plus en plus grande des citoyens”, ajoute-t-il.

Une entité abstraite…

Pour Cheikh Tidiane Dièye, la légitimité de l’État est rejetée car pour beaucoup de Sénégalais, l’État reste encore une entité abstraite, extérieure à la société et vis-à-vis de laquelle on ne saurait avoir d’obligations. De nombreux sénégalais accordent plus de considération à leur groupe social primaire (ethnie, confrérie, clan, parti politique, etc.) qu’à l’État. Et la classe politique offre au reste de la société l’image d’un groupe de politiciens professionnels plus préoccupés à se servir qu’à servir (cynisme et tricherie sur les valeurs sociales ou républicaines : transhumance ; versatilité ; populations considérées comme simple masse juste intéressante pour les élections , devoir d’éducation des militants et sympathisants non assumé ou non assuré, etc.).

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