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MAUVAIS COMBUSTIBLE DE LA SENELEC : les failles qui ont conduit à la bourde |
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Écrit par NDIAGA NDIAYE
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Mardi, 20 Juillet 2010 13:35 |
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Qui sont les principaux responsables de la mauvaise qualité de fuel agitée pour justifier les coupures d’électricité ? Il faut revisiter toute la procédure pour trouver les réponses.
Depuis que les coupures intempestives d’électricité se sont accentuées, la qualité du fuel est mise en cause pour justifier cette situation. D’ailleurs, cette thèse semble être officielle maintenant, car même le Directeur général de la Senelec, Seydina Kane, a donné du crédit à cette piste alors tracée pour la première fois par les syndicalistes. Si c’est le cas, il y a vraiment de quoi s’inquiéter aussi bien pour le fournisseur, la Senelec, la Sar, l’administration des Douanes que pour les services du ministère du Commerce. Car, toutes ces structures interviennent dans la longue procédure allant de la commande à la réception du produit.
En effet, il faut partir du début de la chaîne pour pouvoir situer les responsabilités de chaque intervenant dans cette affaire. C’est à la suite d’un appel d’offres international que Itoc, société de droit sénégalais au capital entièrement sénégalais, a gagné le marché. Cet appel offres était accompagné d’un cahier de charges qui définit les caractéristiques techniques du produit (fuel) et les procédures de paiement. Seulement, «à cause des problèmes structurels que vit la Senelec (absence de ressources qui aboutit à des tensions de trésorerie permanente), la société est obligée de procéder à des arbitrages avec ces fournisseurs», soufflent des professionnels du secteur. D’ailleurs, c’est à cause de cette situation que nombre de sociétés rechignent à souscrire à l’appel d’offres. Seuls Itoc, dirigée par Abdoulaye Diaw, et A Gaz, appartenant au nommé Demba Bâ, prennent le risque. En effet, les délais de paiement sont lents et passent de 90 à 120 jours, avec des demandes de différés de paiement en permanence. Et après l’appel d’offres, des techniciens confient qu’un contrôle de conformité est exercé pour savoir si les procédures techniques sont respectées. Ce même dispositif de contrôle est maintenu, sous d’autres formes, tout au long du processus d’achat et de livraison du fuel.
DEFAILLANCES OU COMPLICITE
Après son achat, où qu’il soit, des techniciens du secteur révèlent qu’une société est chargée de faire des prélèvements pour déterminer la qualité du fuel, non sans intégrer les conditions de stockage et de voyage. «A Dakar, il revient à la Société sénégalaise de surveillance (Sgs), désignée par la Senelec, d’exercer ce même contrôle technique du produit avec l’appui des laboratoires de la Société africaine de raffinage.» Le tout, sous le contrôle de l’Administration des Douanes et des services du ministère du Commerce. «C’est seulement à la suite d’un quitus de conformité délivré par la Senelec que le Tanker est autorisé à débarquer le fuel à partir du Sea line de la Sar.» De là, d’autres contrôles techniques sont aussi effectués par la Senelec avant qu’elle ne stocke sa commande dans les barges qui doivent être bien curées et entretenues en permanence. «Mais à cause des tensions de trésorerie», des techniciens jurent que «la maintenance qui sied n’est pas respectée».
Comment peut-on, en analysant toute cette chaîne, arriver à une désintégration du produit et qu’aucun corps de contrôle ne l’a signalée ? Si la thèse de la mauvaise qualité du fuel est établie, il y aurait des défaillances graves qui laisseraient penser à une longue chaîne de complicité. En tout cas, la direction de la Senelec avait adressé une lettre à Itoc le 9 de ce mois et une réponse lui a été servie dans ce sens. D’où la nécessité de faire une enquête sérieuse pour faire la lumière autour de cette question. En effet, la bonne foi du Directeur général de la Senelec ne peut être mise en doute en ce sens qu’il fait face à un gros problème lié à l’inadéquation entre ses charges et ses recettes. Il lui faut débloquer plus de 18 milliards par mois au moment où il n’en encaisse que 12. Où tirer les 6 milliards pour combler le gap ? L’Etat, les collectivités locales et certaines féodalités sénégalaises refusent toujours d’honorer leurs engagements.
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